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Le SPECTACLE


La société du spectacle ou le massacre des innocents.
Chaque jour, tout se joue, comédie et tragédie,
sur la scène du monde. Six milliards de figurants
et moi et moi, et combien d'acteurs? combien de
rôles? Côté jardin, on joue à guichet fermé: Monaco
et ses palaces, Las Végas et ses casinos, Hollywood
et ses phantasmes, Hawaï et ses plages, ses plages
de sable fin, si fin, sans fin, Beverly Hills, ses
miradors ses caméras et ses flics. Bienvenu au paradis
des nantis: bronzés, manucurés, siliconés. Ce soir
grand bal de la jet set, bienvenu aux amateurs de
chair fraîche et de sensations fortes, que vivent
le fric et le vice, ce soir tout est à vendre. Tous
réunis, tous unis pour un KO. mondial, une belle
mise en bière de la planète, distribution des plus
values, ramassez les dollars, ramassez, après vous
la fin du monde, les jeux sont faits: Boum! boum!
à l'ouest rien de nouveau sous le soleil de satan.
Côté cour les dés sont pipés voici les favelas de
Rio, de Mexico, les bidonvilles de Bombay de Calcutta,
du Caire. Partout la misère qui sue, le sang qui
coule, les peuples qu'on affame, les enfants des
rues à la colle, à la dérive, à la mort. Un quotidien
sans espoir, sans rêve.
La peur, la solitude des
sans papiers, des sans logis, des sans boulots:
écrasés, broyés, effacés, un milliard de figurants,
pour quelques dollars chaque jour s'exécutent dans
la même répétition. Allons poètes quittons le confort
de nos postes avancés et protégés d'observateurs,
les mots ne suffiront pas à changer l'ordre mondial,
assez de la quintessence, soulevons nos derrières
et enrageons nous, barrons la route au capital saluons
le combat de ceux qui refusent de vivre à genoux.
Poètes du monde à naître et de la vraie vie unissons
nous contre le cancer du profit et la gangrène du
capital, et devenons acteurs de notre propre vie.
Stéphane Cottin

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